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Les nouvelles structures de la famille

Les nouvelles structures de la famille

 

 

          Dans les années 1950-1960, le seul moyen d'union était le mariage. Les cohabitations hors mariage restaient  très rares, ceci demeurait très « mal vu », de même, il y avait peu d’enfants nés hors mariage. Alors qu'il représentait seulement 7,0% en 1950,  ils représentent aujourd’hui  près de 52,9%.  En majorité, les familles étaient  dites « traditionnelles », c’est-à-dire composées d'un couple marié et d'un certain nombre d’enfants (environ de 2,9 enfants par femmes en 1950). Dans une telle famille, la femme travaillait au foyer tandis que l’homme travaillait à l’extérieur.  Dans le même temps, l'enfant était la conséquence naturel du mariage, la femme ne se posait pas de question quant au fait d'avoir un enfant et la reproduction était souvent pour elle un devoir religieux, perçu comme une nécessité pour la survie de l'espèce humaine, apparu après la guerre.

La période 1965-1975 apparaît comme une grande cassure dans la formation familiale, avec l’évolution des idées sur le mariage, la sexualité, les rapports parents-enfants. Face à ces changements de valeurs mais aussi aux transformations économiques et démographiques, la loi s’est adaptée: droit à la contraception, à l’avortement, reconnaissance de l’autorité parentale et non plus paternelle. De nos jours, on distingue de nombreux types de familles différentes : l’évolution des mœurs, des lois, l’arrivée de nouveaux  moyen d’unions… on véritablement révolutionné  le modèle familial tout gardant parfois certains aspects traditionnels.

 

               La baisse du nombre de mariage et le Pacs

          Une baisse évidente est celle du nombre de mariage. En 1946 et 1947, le nombre de mariages a été très élevé, ceux qui n’avaient pu être conclus pendant la guerre l’étant enfin ces années-là. Il a baissé ensuite jusqu’au début des années 1950. À partir de 1956, le nombre de mariages n’a cessé d’augmenter pour atteindre 417 000 en 1972, soit une hausse de 34% en 15 ans. Cependant, l’INSEE constate depuis cette année une réelle baisse du nombre de mariages : en 2010, 249 000 mariages ont été annuellement célébrés, soit près de 2 fois moins que dans les années 1970. 

Cette évolution est due à un changement de mentalité : celui-ci ne constitue en rien, de nos jours, en une obligation. La vie en couple est devenue possible sans pour autant être marié, c’est ce que l’on appelle le concubinage ou l’union libre.

Un nouveau moyen d’union apparu en 1999, le Pacte civil de solidarité (Pacs), a également contribué à la chute du nombre de mariages. Initialement destiné aux couples homosexuels, 95 % de ces pacs ont été conclus par des partenaires de sexes opposés. En effet, alors qu’il n’était que très peu choisi par les couples à son apparition, celui-ci prend de plus en plus d’influence. Selon les récents chiffres publiés par l’INSEE, en 2010, 3 pacs ont été conclues pour 4 mariages célébrés. Le Pacte civil de solidarité prend donc de plus en plus d’ampleur.

 

Graphique 1 : Nombre d’unions conclues entre partenaires de sexes opposés

 

 

               Un mariage de plus en plus tardif

           L’âge du mariage est également de plus en plus tardif : en 1970, l'âge moyen du mariage pour une femme était 24,5 ans, contre 33,91 ans en 2006.

Depuis les années 1980, la vie en couple non marié s’est imposé comme le principal mode d’entrée dans la vie en couple. Les jeunes gens désireux de vivre ensemble opteront donc plus facilement pour un concubinage avant le mariage, ce que l’on appelle « cohabitation prénuptial » avant de s’unir ou non. La cohabitation prénuptiale constitue, pour un bon nombre d’individus, un mode de vie durable qui concurrence le mariage.

Ce recul est en parti dû à l’allongement des études de la femme. En effet, Il est évident qu’allier enfants et études soit un défit difficile à relever. Les couples se marient plus tard, mais les jeunes gens sont tous de même désireux de vivre ensemble.

 

               Du divorce....

          Les concepts de liberté, de désir, de plaisir ont beaucoup avancé au cours des dernières décennies mettant à mal la famille nucléaire. En effet, être divorcé de nos jours ne constitue plus une situation rare. Après une hausse spectaculaire du nombre de divorces jusqu'en 2006, atteignant à cette date 139 147 divorces annuellement prononcés, qui s'explique par la mise en place d'une procédure simplifié, le nombre de rupture tend à diminuer progressivement. En 2009, 127 578 divorces ont été prononcés en France métropolitaine, un chiffre proche de celui de 2004.

 

En 2007, la femme dans cette situation est alors âgée de 40,4 ans en moyenne et l’homme de 42,9 ans. Les époux sont en général plus âgés dans les divorces contentieux. Les divorces après des mariages de courte durée sont majoritairement par consentement mutuel. Aujourd'hui, ce sont majoritairement les femmes qui demandent le divorce, à 73% contre 27% pour les hommes. 

 

 

 

Année du jugement Divorces prononcés (en milliers)
1960 30,2
1970 38,9
1980 81,2
1990 105,8
2000 114,0
2007
131,3
2008 129,4
2009 127,6

Sources : Ministère de la justice; INSEE.
Champs : France métropolitaine.

 

La hausse du nombre de divorce entraîne, bien entendu,  une hausse du nombre de familles mono-parentales : en France, en 2007, 13,9% des familles était mono-parentales, avec une prédominance des femmes (11,7%) à ce statut par rapport aux hommes (2,2%). Les mères de famille monoparentale sont moins diplômées que celles qui vivent en couple, elles sont souvent dans une situation moins favorable sur le marché du travail. Elles doivent en effet surmonter à la fois les contraintes liées à leur situation de mères seules − la garde d’enfants en particulier − et l’impossibilité de compter sur le revenu d’un conjoint pour subvenir aux besoins de la famille. Occupant un peu moins souvent un emploi que les mères de familles en couple (68 %, contre 72 %), elles se déclarent beaucoup plus souvent chômeuses lorsqu’elles sont sans emploi : dans 54 % des cas, au lieu de 31 % pour les mères de famille en couple.

 

Nombre (en milliers) en %
Familles mono parentales 2 427,1 13,9
Femmes seules avec enfant(s) 2 050,4 11,7
Hommes seuls avec enfant(s) 376,7 2,2

Sources : INSEE
Champs : France, en 2007.

Cette augmentation du taux de divorce a également des répercussions sur nombre de familles recomposées.

 

              ... À la famille recomposée

 

            L'INSEE a publié au mois d’octobre 2009 une étude sur les enfants vivant en 2006 dans une "famille recomposée  d’un couple d’adultes, marié ou non, vivant avec au moins un enfant né d’une union précédente de l’un des deux conjoints". Une famille recomposée comprend un couple d’adultes, mariés ou non, et au moins un enfant né d’une union précédente, avec, éventuellement, les enfants de la nouvelle union. Les familles monoparentales (2,2 millions d’enfants) sont donc hors de l’étude.

Près de 1,2 million d’enfants vivent dans une famille recomposée (8,8% du total des enfants de moins de 18 ans) :

  • 780 000, issus d’une union précédente vivent avec un parent et un beau-parent (le plus souvent avec leur mère et leur beau-père),
  • 380 000, nés après la recomposition familiale, vivent avec leurs deux parents et au moins un demi frère ou une demi sœur.

 

          En 1999, environ 63 % habitent avec leur mère et son nouveau compagnon, 37 % avec leur père et sa nouvelle compagne. Une famille avec enfant sur dix est recomposée, et deux sur dix sont monoparentales. Entre 1990 et 1999, le nombre de familles recomposées a augmenté de 10 % et le nombre d’enfants qui y vivent de 11 %. Parmi les familles recomposées, les familles nombreuses sont plus fréquentes, certaines caractéristiques les différencient : importants écarts d’âge entre les enfants, âge plus élevé des femmes, écarts d’âge entre conjoints plus importants, diplômes moins élevés, plus grandes difficultés sur le marché du travail.

Le nombre de familles recomposées ne semble pas augmenter, malgré des séparations plus nombreuses, pourtant la question de la place du beau parent est posée avec une force grandissante. Dans cette optique, pour préparer un projet de loi faisant une place au beau parent en matière d’autorité parentale, un rapport vient d’être remis au Président de la République par le député Jean Leonetti : il recommande d’aborder avec prudence la question d’un éventuel statut du beau-parent.

          Jusqu'à la loi sur l'autorité parentale de mars 2002, le beau-parent était tout simplement ignoré du droit. Il n'avait à l'égard de l'enfant de son conjoint ni devoirs, ni droits spécifiques, alors qu'il contribue à son éducation et à son entretien dans la plus part des cas.
Néanmoins, la loi améliore peu de choses : le beau-parent peut désormais bénéficier d'une délégation de l'autorité parentale qui ne retire rien aux parents de l'enfant. Cela permet de gérer les actes de la vie quotidienne : l'école, le médecin, les transports, etc... Mais sans que la loi ne précise ce qu'est un "acte de la vie quotidienne" !

 

               Des enfants de plus en plus tard

           La fécondité dépasse les deux enfants par femme en âge de procréer. Les femmes ont en moyenne 2,01 enfants, niveau le plus élevé depuis la fin du baby-boom. Les naissances sont de plus en plus tardives : l'âge moyen à la maternité approche les 30 ans, soit deux années de plus qu'à la fin des années quatre-vingt.

Le nombre de naissances progresse en raison d'un taux de fécondité par âge qui augmentent, alors que le nombre de femmes d'âge fécond diminue régulièrement depuis 25 ans : − 2 % en dix ans pour les femmes entre 20 et 40 ans, soit − 200 000 depuis 1999. C'est surtout aux âges relativement élevés, entre 30 et 40 ans, que la fécondité progresse . Les enfants nés en 2008 sont 21,5 % à avoir une mère âgée de 35 ans ou plus, ils étaient 20,0 % trois ans plus tôt, et 16,5 % il y a dix ans.

 

Année

Nombre de naissances pour 100 femmes

Âge moyen des mères

15-24
25-29
30-34
35-39
40 et  +

1998 3,1 12,9 10,8 4,6 0,5 29,3
2006
3,3 13,1 12,7 6,0 0,7 29,7
2007
3,2 12,8 12,7 6,1 0,7 29,8
2008
3,2 12,9 13,1 6,3 0,7

29,9

 

Graphique : Nombre de naissances vivantes pour 100 femmes de chaque âge

 

          Par ailleurs, la progression du nombre de naissances hors mariage se poursuit en 2008. Devenues majoritaires en 2006, les naissances hors mariage représentent en 2008 plus de 52 % des naissances, soit 10 % de plus qu'il y a dix ans.

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